"Qualité Environnementale des Bâtiments", en route vers les indicateurs de performance
L’isolation des bâtiments est devenue un enjeu majeur avec les contraintes écologiques contemporaines. En effet, une bonne isolation est synonyme de nombreux avantages, à la fois sur le plan économique avec une facture de chauffage moindre et sur le plan environnemental grâce à la diminution des émissions de CO2. Lire la suite« Royal Dutch Shell décide de lancer son projet d'usine flottante de liquéfaction de gaz naturel au large de l'Australie | Accueil | CSPE 2020: la facture électrique des énergies renouvelables ne sera pas "doucette" »
De nombreux champs pétroliers demanderont d'immenses quantités de CO2 pour récupérer à fond la ressource
Par Raymond Bonnaterre | (9) Commentaires
L'extraction de pétrole de la roche mère fait l'objet de nombreuses innovations dans le monde qui améliorent sans cesse le taux de récupération de la ressource et rendent obsolètes les prévisions d'antan qui pré-supposaient figées les technologies mises en œuvre. Après le jaillissement spontané de la ressource il est fait appel à l'injection d'eau dans le réservoir (récupération secondaire), puis s'il est disponible, l'utilisation de gaz carbonique permet une récupération tertiaire (Enhanced Oil Recovery ou EOR). Enfin les spécialistes de ces techniques parlent maintenant de récupération quaternaire qui concerne l'extraction par le CO2 de pétrole contenu dans la porosité de roches sous-jacentes des "Residual Oil Zones" ou ROZ à l'interface entre le réservoir principal et les salines inférieures (FIG.I projection cerclée de rouge). Ces ressources importantes n'étaient jusqu'à présent pas prises en compte dans les réserves accessibles, mais elles vont nécessiter de larges quantités de CO2 pour être récupérées.
FIG.I - illustration projetée d'un pic quaternaire de production (Seminole San Andres Unit)
Aux États-Unis les professionnels estiment la contribution de la récupération tertiaire à l'aide de CO2 aux environs de 300 mille barils/jour (FIG.II) soit 6% de la production américaine de pétrole. Elle concerne pour l'essentiel le "Permian Basin" situé à cheval entre le Nouveau Mexique et le Texas.
FIG.II - Contribution de la récupération tertiaire (EOR) par injection de CO2 aux productions américaines de pétrole
Ce large bassin pétrolifère a produit depuis 80 ans d'exploitation dans les 32 milliards de barils de pétrole. Le DOE et divers consultants américains estiment que, grâce aux extractions quaternaires en particulier, ce sont encore près de 12 milliards de barils qui seront extraits du sol durant les 30 ou 50 ans à venir. Compte tenu des technologies actuelles disponibles il reste un volume de pétrole égal au tiers de la ressource déjà extraite à récupérer. Mais pour cela il faudra disposer de très grandes quantités de CO2. En effet sur la base de 1,5 à 2 barils de brut extraits par tonne de CO2, il faudra injecter et séquestrer 6 à 8 milliards de tonnes de CO2. De quoi à allonger encore et encore la queue de la courbe de Hubbert de ce large champ.
L'équation économique semble à ce jour limpide: pour quelques dizaines de dollars à payer pour une tonne de CO2 ce sont près de deux barils de pétrole à plus de 100 dollars le baril qui vont être récupérés. Voila une équation qui va dynamiser le captage du CO2 aux États-Unis et dans d'autres régions pétrolifères dans le monde.
Le MIT préconise la construction d'un large réseau de pipelines de CO2 en forme de fer à cheval qui relierait les infrastructures américaines existantes (FIG.III). Le DOE préconise un réseau encore plus dense reliant les grandes centrales au charbon du Centre-Est à cette amorce d'infrastructure.
FIG.III - Réseau de pipelines transportant du CO2 aux Etats-Unis.
Ces considérations montrent combien l'équation du captage et de la séquestration du CO2 peut passer d'un concept plutôt farfelu, très vaguement écolo, consommant de l'énergie, à une équation beaucoup plus réaliste permettant à partir de charbon et de biomasse par exemple de définir des centrales électriques à gazéification intégrée (IGCC) dont le CO2 récupéré sera vendu aux pétroliers pour récupérer du pétrole. L'enjeu économique final avec un prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars, rend l'ensemble de la filière économiquement très rentable. La probabilité d'une telle réalisation dans les décennies à venir est donc élevée.
Ces données illustrent qui soulignent l'importance généralement sous-estimée de la croissance du taux de récupération du pétrole, "recovery growth", sur l'estimation des ressources ultimes de pétrole conventionnel.
Pour accéder à ces informations on pourra par exemple se reporter au issu d'un symposium tenu à Austin en Juillet 2010. Le papier de Kuuskraa (page 151), président d'ARI, est particulièrement clair est convaincant. Il prévoit une contribution de ces technologies aux U.S.A. pouvant représenter des productions de pétrole pouvant aller jusqu'à 2,8 millions de barils/jour en 2030. Les prix à venir du baril de pétrole pourraient lui donner raison.
Le 28 Mai 2011
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Commentaires
Rédigé par : I.Lucas | 30 mai 2011 16:25:51
Il faut remettre cela en perspective :
- de 2004 à 2008 le monde a connu une forte croissance économique alors que la production de pétrole est restée constante.
l'élasticité de la demande de pétrole a pu être calibrée sur cette période ; l'élasticité de la demande au prix du pétrole est de -0,007!
source : étude du FMI de 2011
Les études de Nehring conduisent à un plateau de production à un niveau de production qui ne dépasse que de 10% la production de 2010.
Cela reste un immense défi!
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Rédigé par : anonymous56 | 30 mai 2011 20:38:49
@ Raymond,
As-tu vu cette nouvelle :
Explorer les fonds de tiroir :
l’Arabie Saoudite va remettre en exploitation son plus ancien puits de pétrole (Arabian Business)
On est vraiment au début de la fin désormais.
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Rédigé par : Benkebab | 1 juin 2011 11:09:26
Très bien, c'est une bonne solution de transition pour favoriser le développement du captage et stockage de CO2, mais il ne faudrait pas qu'elle fasse croire aux décideurs que nous trouverons toujours des moyens d'extraire de plus en plus de pétrole.
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Rédigé par : Ray | 1 juin 2011 12:07:29
a56, un début de la fin qui va durer un siècle ou deux... ou trois. Trois ou quatre mille milliards de barils à extraire finement, cela va prendre du temps...et rapporter beaucoup d'argent aux opérateurs comme l'Aramco. La Loi des Rendements décroissants s'applique de façon exemplaire dans le business du pétrole.
Allez à la serpe:
40 millions de barils/jour de pétrole très cher (le restant venant des biocarburants, des carburants de synthèse et autres énergies utilisées dans le transport) ou 15 milliards de barils/an ou 1500 milliards de barils/siècle.
Pas la peine de poser de complexes équations absconnes pour se rendre à l'évidence que la queue sera très longue.
Lire absolument Richard Nehring.
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Rédigé par : René GRAU | 2 juin 2011 08:19:13
Bjr, que lire de R. Nehring ? ( après 1 recherche sur le net, je n'ai rien trouvé de récent). Merci de vos lumières.
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Rédigé par : Ray | 2 juin 2011 12:32:08
René, vous avez un lien dans le texte ci-dessus se reportant à une de ses dernières présentations. Nehring est un homme de terrain qui connaît très bien les problèmes de l'exploitation pétrolière. Mais c'est un Américain qui a du mal, comme tous ses concitoyens parmi les plus éminents, à imaginer une consommation mondiale de pétrole décroissante. Il faut donc le suivre quand il parle de réserves ultimes, mais rester prudent quand il parle de consommations à venir...qui pour lui devraient poursuivre leur croissance.
A mon avis les prix vont devenir de plus en plus dissuasifs et entraîneront une baisse naturelle des consommations au profit des ersatz et des progrès dans l'efficacité énergétique des processus dans le domaine des transports.
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Rédigé par : Ray | 18 juil 2011 09:32:45
Voir la "EOR initiative" américaine supportée par de nombreuses fondations et autres Politiques. Thème de grande actualité aux États-Unis
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Rédigé par : Ray | 23 juil 2011 08:29:30
Un exemple de vente de CO2 pour EOR provenant d'une future centrale au charbon de 400 MW de type IGCC au Texas.
La Compagnie pétrolière achètera à partir de 2015 dans les 80 millions de pieds-cube de CO2 par jour avec pour objectif d'extraire un baril de pétrole de plus pour 6000 pieds-cube de CO2 injecté (3 barils par tonne de CO2)ce qui veut dire qu'elle extraira dans les 13 000 barils/jour de pétrole.
A 120 dollars mini le baril à cette époque cela signifie un CA quotidien autour de 1,5 million de dollars. Nul doute que le CO2 sera bien payé.
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Rédigé par : Ray | 31 juil 2011 09:55:38
Voir le site du Greencore Pipeline qui va relier à partir de 2012 le Wyoming au Montana pour lui apporter les millions de m3 nécessaires à l'exploitation de gisements de pétrole en voie d'épuisement. Il y aurait selon le DOE entre 1,3 et 3,2 milliards de barils d'huile récupérable dans ces régions des Rocheuses, ce qui veut dire un besoin de CO2 compris entre 3 et 7 milliards de tonnes.
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